30 août 2006

Solange

Les lettres s’enchaînent et se ressemblent,
se rassemblent, en un petit tas blanc,
dans un bureau trop vide.
Sur certaines, un léger parfum erre peut-être,
vestige d’une main habile,
subtile,
fragile.
Sur d’autres, un court poème, un gentil souvenir,
comme celui-ci,
vient égayer la page où un numéro et une phrase
apparaissent,
tâches d’encre rieuses sur le papier glacé.
Et Solange, la belle Solange
ouvre des enveloppes anonymes.
Sans saveurs ni couleurs.
Café.


Aurore Denell