30 août 2006

Flamme Mourante

Une onde de ténèbres traverse la lande endormie,
Silence.
Dans la plaine, droit comme la Faux, le bûcher s’élève,
la pauvrette est en transe.
L’homme en noir vêtu de sa robe de flanelle
regarde la créature, sur l’herbe verte avachie.

Aeris, Aeris l’innocente prie en regardant le ciel.
Son corps dénudé couvert de sang
se fond avec la dague vermeille
plantée dans son dos.
Sa petite main potelée pend
le long des bûches criminelles couvertes d’os.

Le vent assassin se tourne vers elle,
Messager de celle qui porte la croix.
Flamme mourante, elle oscille vers la fin
et transmet sur sa route la bonne nouvelle :
La sorcière s’empare du malin
et avec sa semence elle croît puis décroît.

Alors, le brasier renaît.
Souffrance.
De la chair impure, le feu purificateur se repaît.
La guérisseuse, jusqu’au mont des morts, s’avance
et de son doigt béni, la vie s’échappe comme une source claire.
Elle brisera le secret des suppliciés et de leurs cendres croupies jaillira la lumière.


Aurore Denell